appel à la mobilisation du 17 novembre

Publié le par Sud Lyceen 35

            On l’attendait, on la eu ! Chatel a enfin annoncé les grandes lignes de sa réforme du lycée ! Jugée par certains moins dangereuse que la réforme Darcos, contre laquelle on s’était mobilisé l’année dernière et dont on avait obtenu le report, cette réforme se situe pourtant dans la même lignée : développer un lycée à deux vitesses et déqualifier nos diplômes afin d’offrir aux patrons une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci !

 

Avant de parler plus précisément de cette réforme, la réforme de l’enseignement pro a supprimé presque tous les BEP, et le Bac Pro se fait désormais en 3 ans. Le nombre de lycéens sortant avec un diplôme va donc diminuer, et celui-ci aura moins de valeur, ce qui va augmenter la précarité !

On peut noter trois axes important dans la réforme Chatel:

- L’individualisation des parcours : en mettant en place deux heures d’accompagnement personnalisé pour tous les lycéens, les inégalités vont augmenter. En effet, pendant que les meilleurs d’entre nous auront des cours d’approfondissement, les moins bons auront des heures de soutien scolaire, voir pire, des heures dites d’orientation, où on nous expliquera comment changer de filière !

La réforme prévoit de rajouter des enseignements de spécialité ce qui, lié avec le fait qu’elle veut laisser plus d’autonomie aux chefs d’établissements, nous pousse à supposer qu’en fonction de l’établissement et de l’endroit d’où on vient, on n’aura pas les mêmes « modules » de proposés, donc ça va casser la valeur nationale du diplôme. Le livret de compétence dont la mise en place est proposée va dans le même sens, puisqu’on pourra plus dire qu’on a LE Bac mais un Bac. Et si le diplôme a pas la même valeur partout, on devra se demmerder tout seul devant un employeur, un président de fac, etc. parce que nos droits ne seront plus assurés par des conventions collectives !

- La sélection : en permettant des réorientations en cours d’année, ce qui veut dire que si on est mauvais en cours on pourra se faire réorienter à chaque trimestre vers des filières délivrant des diplômes qui nous assureront moins de garanties, le gouvernement supprime la seconde chance ! En plus, avec les heures d’orientations, tout est prévu pour pouvoir se faire balader de filières en filières !

Derrière la démago de Sarko qui nous annonce qu’il veut faire des filières L et STI des filières d’élites, il y a un réel choix politique : l’objectif c’est une formation d’excellence dans plus de domaines avec une élite numériquement égale à aujourd’hui, sauf que cette élite sera plus diversifiée, pendant que l’immense majorité des lycéens se débattront dans leur merde…

- Le rapprochement des lycées avec le monde de l’entreprise : en annonçant que cette réforme se ferait à moyen constant, et en laissant plus d’autonomie aux chefs d’établissements, le gouvernement pousse ceux-ci à aller chercher du fric dans les boites privées, notamment pour financer les « modules » dont on parlait plus haut. Ça s’appelle l’autonomie financière, et ça permet aux boites d’avoir un contrôle sur les diplômes, et donc sur notre avenir, comme c’est le cas en Angleterre où il existe un bac de restauration rapide. Du coup, le diplôme n’est valable que dans une entreprise, celle qui l’a financé, et on est donc précaire à vie face au patron, puisque notre diplôme ne vaut rien ailleurs !

La réforme prévoit aussi la multiplication des stages, alors que ceux-ci ne servent qu’à fournir de la main d’œuvre gratuite aux patrons ! Le monde de l’entreprise, on le découvrira suffisamment vite, on ne veut pas aller se faire exploiter en stage !!

 

En plus de cette réforme, le gouvernement continue les suppressions de postes (90 000 entre 2002 et 2007 et 85 000 entre 2008 et 2012, alors que les effectifs par classe ne cessent d’augmenter (entre 35 et 40 par classes) ! Cela va nous conduire à des classes encore plus nombreuses, donc à des difficultés scolaires encore plus grandes, et à des diplômes de moins bonne qualité puisque les enseignements dispensés seront forcement moins bons à 40 qu’à 25… Et après le gouvernement ose nous parler de soutien scolaire ? Ce qu’il faudrait c’est 25 élèves par classes pour apprendre correctement ! Cela couterait 1,4 milliards d’euros… en supprimant la taxe professionnelle, Sarko va faire 12 milliards de cadeaux aux patrons : le gouvernement a choisi son camp.

 

Enfin le gouvernement a annoncé des mesures sécuritaires. Il veut mettre des flics et des portiques dans nos lycées, et mater ainsi toute possibilité de révolte chez les lycéens. Il fait également une offensive idéologique, en défonçant l’héritage de mai 68, afin d’instaurer plus de discipline.

Cela nous montre que le gouvernement est prêt à dépenser de l’argent quand c’est pour les flics et pour la répression, mais ne lâche pas une tune quand il s’agit d’éducation.

 

Le 17 novembre la Coordination Nationale des Université appelle à une mobilisation de la maternelle à l’université dans toute la France afin de lutter contre la casse de l’éducation, l’instauration de la logique du profit dans ce secteur et la dégradation des conditions de travail et de vies des étudiants et des personnels. Le 24 novembre la FSU (syndicat de prof) et les syndicats de lycéens appel à la grève.

 

Nous, lycéens avons toutes les raisons de lutter contre cette casse généralisée de l’éducation.

 

Nos revendications :

 

- Non à la réforme Darcos/Chatel du lycée ! Maintien de la valeur nationale du bac ! Remise en place des BEP et du Bac Pro en 4 ans !

- Arrêt des suppressions de postes ! Embauche de tous les personnels nécessaires, des budgets à la hauteur des besoins.

- Non au flicage des lycéens, à la brigade spéciale des lycées, au portique de sécurité et à la vidéosurveillance !

 

Manifestation le 17 novembre à 11h Place de la Gare

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Publié dans Tracts

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